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La chronique de juin 2026

Souvenirs de jeunesse à Caderousse


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(Jackie Grosset nous raconte ses souvenirs de jeunesse à Caderousse, avec la complicité d’Anne Laberinto-Gridine. Un grand merci !)

Caderousse

Caderousse est un village du Vaucluse, à l’ouest d’Orange, qui est entouré d'une monumentale digue longue de 1700 mètres et haute de 3 mètres qui le protège des débordements du Rhône tout proche.
En 1856, le village subit une crue historique et une vague de plus de 7 mètres le submergea entièrement ce qui incita Napoléon III à faire construire la digue de protection qui encercle totalement Caderousse avec seulement deux entrées : les portes Castellan et Roche.
Lorsque le Rhône débordait, les granges situées dans la campagne étaient complétement isolées et les habitants se réfugiaient à l'étage le temps de la crue, ce qui était le cas de la famille Cambe au quartier de Miémart point1 proche de l'ancien pont de Roquemaure, bombardé en 1944 point1.

point1 Miémart : quartier situé au sud de Caderousse.

point1 Pont de Roquemaure : bombardé en août 1944 par les Aillés. En attendant sa reconstruction la traversée du Rhône était assurée par un bac à traille tenu par Jean Heraud, grand-père maternel de Jackie Grosset.



source : ADV
Le Rhône et à gauche un bout de la digue de protection


source : Association
Les différentes hauteurs d’eau sur le mur de la mairie avant la construction de la digue à la fin du XIXe siècle

Souvenirs

Jackie Grosset, originaire de Caderousse, nous relate ses souvenirs : «Mon père, Albert Cambe cultivait le millet point3 jusqu'en 1963/65 puis il changea de culture pour se diversifier dans les primeurs.
Nous étions quatre enfants : 2 garçons et 2 filles, et notre ferme était située à près de 3 km du village. Avec d'autres enfants du voisinage, nous allions à pied à l'école, située dans le centre du village, en suivant une digue et cela en toutes-saisons sauf en cas de très mauvais temps ou d'inondation.
Lorsque le Rhône débordait après de fortes pluies ou la fonte des neiges, Caderousse était complètement enfermée par les « bastardèu point4 » placés aux deux entrées du village et ce n'était qu'une question d'heures pour envahir la campagne environnante.
Chez nous, pour mesurer l'avancée de l'eau, on mettait des cailloux devant la maison et dès qu'elle atteignait le rez-de-chaussée, grâce au «recatadou point5» on montait les chevaux et le matériel agricole à l'abri.
La famille s'installait à l'étage pour y vivre le temps de la crue dans trois chambres dont l'une servait pour la cuisine qui se faisait sur un petit réchaud à gaz à deux feux. Nous nous éclairions uniquement à la bougie et le chauffage était précaire.
Le ravitaillement, prévu à l'avance, était aussi assuré par les pompiers ou le Génie d'Avignon qui maintenaient le lien avec les habitants isolés, bien que chaque maison possédât une barque.
Selon les années, l’inondation qui faisait partie de la vie locale pouvait durer quelques jours ou quelques semaines !
À la décrue, il fallait nettoyer le limon accumulé partout et se réinstaller au rez-de-chaussée pour reprendre une vie normale. Lorsque les eaux se retiraient, ma mère parfois récupérait des poissons abandonnés devant la maison par la décrue.
En 1965, le Rhône a débordé 6 fois dans l'hiver, et la dernière inondation s'est produite 38 ans après en 2003. »

point3 La culture du millet donnait de belles pailles pour la fabrication de balais dont Caderousse fut un centre important de production jusque dans les années 60-70 en concurrence avec Lapalud et Courthezon.

point4 Bastardèu (batardeaux) : barrages provisoires fait d'éléments étanches superposés pour supporter la pression de l'eau.

point5 Recatadou (refuge) : plan incliné situé sur un côté de l'habitation pour monter à l'abri bêtes et matériel. .


source : famille Grosset
Caderousse pris dans une inondation du Rhône

Jackie Grosset (avec la complicité de Anne Laberinto-Gridine)

Annexe : fabrication de balais à Caderousse


source : DC
Dernier séchoir à millet

« À Caderousse ce sont plusieurs dizaines de fabriques qui exercent l’activité. Il n’y a pas une famille qui ne compte dans ses membres des ouvriers ou ouvrières travaillant dans les balais. Les recensements fins XIXe et début XXe à Caderousse dénombrent des centaines de baletiers. En 1891, on aura même la création d’une chambre syndicale de l’union balaitière. »
Extrait d’une belle présentation sur cette activité faite par nos collègues de l’Association du Patrimoine de Caderousse: https://www.lalevado.fr

Summary: Jackie Grosset, now a resident of Cairanne, was born in a farm near Caderousse. She recounts her childhood memories of when the Rhône river regularly overflowed its banks and flooded the countryside. All domestic activities, including the animals, had to be moved up to the first floor of the farm, and everything had to be cleaned up after the flood receded.


Mise à jour : le 1 juin 2026
webmaster : Gérard Jacques Coussot

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