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La chronique de décembre 2022

Noël d’après guerre...


Source : Metropolitan Museum of Art
Nativité par Lorenzo Monaco, 1406



point1  Le bœuf traînant la charrue et l'âne portant la charge. Animaux de ferme tous les deux, indispensables autrefois aux hommes pour cultiver un champ et leur apporter le fruit de leur travail .


Source : GC
Deux gégérides pour confitures


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Touchant le café Manifacier, la vitrine de l’épicerie Le Soleil tenue par Charlotte Bompard offre son décor de fête et de jouets à nos yeux d’enfants tout juste sortis des années de privation de la dernière guerre. En ces années 1950, Le mistral cinglant de l’hiver glace nos visages et nos petites jambes. Ceci ne nous empêche pas de « bader » longuement, mes deux frères et moi, devant la vitrine du Soleil, faisant le choix des jouets que nous commandons virtuellement, sachant bien que le Père Noël mettrait dans nos chaussures bien rangées devant la cheminée, seulement des papillotes, trois oranges et quelques biscuits...
Notre rêverie terminée nous rentrons chez nous tout joyeux pour revenir le lendemain à la Petite Jeannette pour une opération sérieuse : acheter trois santons (un à chacun) pour garnir notre crèche.
Après un choix plus ou moins difficile nous retournons à la maison mettre notre trésor à l’abri et quelques jours après, installer la crèche sur le grand buffet du séjour.
Après la messe de minuit, de retour à la maison et devant le crèche et l’enfant Jésus arrivé dans son étable, éclairée pas de petites bougies, nous joignons, tous les trois, nos petites mains pour chanter « Entre le boeuf et l’âne gris »point4 et célébrer ainsi Noël à notre façon. Ce rituel est repris ensuite chaque soir après le repas, pendant toute la période calendale.
L’émerveillement de chaque jour devant nos petits santons est un tel bonheur que nous ne pensons même pas que la commande virtuelle des jouets à l’épicerie du Soleil a été bien perdue par le Père Noël.

Anne Laberinto-Gridine



Entre le bœuf et l’âne gris,
Dort, dort, dort le petit fils,
Mille anges divins, mille séraphins,
Volent à l’entour de ce grand Dieu d’amour.

...

Traditions de Noël

Noël et ses treize desserts ne font pas oublier que dans le Haut Comtat, il était inconcevable de ne pas avoir préparé à l’avance la pâte de coings et la confiture de gégéride ou méréville . Cette tradition perdure et les recettes se transmettent entre générations.

Pâte de coings :
Laver et couper en quatre les coings en gardant les pépins ( mis dans une mousseline pendant la cuisson) . Ajouter 800 grs de sucre par kilo de coings.
Passer les coings au moulin à légumes, faire épaissir puis étaler la pâte et la laisser sécher.
La pâte peut être coupée en bâtonnets saupoudrés de sucre. Le jus de cuisson peut servir à confectionner la gelée de coings.

Confiture de gégéride ou méréville ( citre) :
Peler et couper en tranches puis en morceaux la gégéride.
Ajouter 500 grs de sucre par kilo, zeste d’orange ou de citron, vanille et faire dégorger.
Cuire la confiture en trois fois en laissant refroidir entre chaque cuisson, jusqu’à ce qu’elle prenne une couleur ambrée et absorbe tout le jus.

Nicole Delubac

Summary: the author recalls her childhood memories of post-war Christmas where war restrictions were still on and the population of Cairanne less wealthy than today. Along with those souvenirs are some recipes of traditional provençal jams.


Mise à jour : le 1 décembre 2022
webmaster : Gérard Jacques Coussot