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La chronique de janvier 2022

Noël 1938

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Peu avant Noël, les petits voisins et voisines nous demandaient ce qu’allait nous apporter le Père Noël. Cette année il faudra être bien sages alors nous nous efforcions de l’être tous les trois (j'avais deux frères de deux et quatre ans).
Source : association

Source : association

Source : D.Coussot
Chaque soir en rentrant de l’école nous avions de petites corvées à effectuer: rentrer les trois chèvres, aller ramasser l’herbe pour les lapins , couper dans les talus la litière des cochons et tous les jeudis aller leur ramasser de pleins sacs de glands. Nous avions de quoi nous tenir occupés.

Comme chaque année, le jour de Noël nous avions seulement une orange pliée dans du papier de soie et deux papillotes, nous n’osions pas dire que c’est seulement ce que l’on avait reçu pourtant nous avions commandé beaucoup de choses sur le catalogue de La Samaritaine que maman recevait. La Poste n’avait pas encore créé le service avec le Père Noël alors pourquoi les voisins avaient de beaux jouets et nous rien ?
Un jour que le feu était éteint dans la cheminée, j’eus la curiosité de regarder sous le manteau de la cheminée et là (Euréka!) je compris pourquoi : le conduit était trop petit, le Père Noël ne pouvait descendre avec sa hotte, alors, soit, la porte étant fermée à clef, il repartait, soit il laissait tomber du haut du toit les jouets qui brûlaient en tombant dans le feu...

La veille de Noël , après avoir mangé la soupe de lazagnes et le plat de cardons, papa nous dit d’aller mettre nos chaussures devant la cheminée, et d’aller au lit. Obéissants, nous allâmes bien sagement nous coucher.J’attendis que les parents montent à leur tour et lorsque je n’entendis plus de bruit, je me levais et tout doucement descendis dans la cuisine. À la lueur du feu je mis les chaussures de mes frères et les miennes sur la grosse bûche qui se consumait lentement, non sans vérifier qu’elles étaient bien en face du conduit et revint me coucher entre mes deux frères.

Le matin de Noël comme chaque jour, Papa se leva à cinq heures du matin et là, il vit le désastre : des chaussures de mon second frère, il n’en restait que la moitié de chacune;l’une avait tout l’avant brûlé et l’autre tout le talon alors que c’était des patins à semelle de bois tout neufs.

Timidement, en implorant le Petit Jésus et le Père Noël je dis que c’était moi... Il me prit par le bras et m’administra la plus belle (si je puis dire!) fessée que j’ai reçue dans ma vie. Je ne l’avais pas volée ... et ni le Petit Jésus ni le Père Noël ne vinrent à mon secours; ce n’étaient pas de bons amis.
Je ne me souviens pas si j’ai tout de même eu droit à l’orange et aux papillotes, j’en doute, par contre ce dont je me souviens,c’est que ce fut la dernière fois, car après, ce fut la guerre et il n’y eut plus de cadeaux.
De la fessée je m’en serai bien passé je vous l’assure !
Edmond Gueyte.
(avec la complicité de Anne Laberinto Gridine)

Summary: : This is the story of a Christmas just before WWII. The writer recalls that particular Christmas when he put all the children’s wooden shoes on the logs in the fireplace to make sure that Santa would see them. In the morning they were all burnt and he was punished by his father.

Complément
Retour de chasse de Georges Gueyte (à gauche sur la photographie), un de frères d' Edmond Gueyte qui avait eu les chaussures brulées, bien longtemps avant !


Mise à jour : le 1 janvier 2022
webmaster : Gérard Jacques Coussot